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 Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]

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MessageSujet: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Lun 14 Mai - 10:48


   

Les étoiles sont le miroir de l'âme.



Speak of the Devil and the Devil shall appear

 
Noms des joueurs: Gabriel L. & Sherryline
Date et heure: 13 mai 2018 à 17H30
Lieu: Littoral de mermaids garden
Ambiance: Fin d'après midi, assez nuageux. Une ambiance de découverte et de mystère.
Contexte du RP: Sherry s'échoue sur la plage et Gabriel la trouve, sous ses traits d'humaine.

Intrigue en cours: /
Event en cours: /

Intervention possible de la pleine lune : [] Oui [X] Non (cochez la bonne case)


THE SHAPE OF WATER


_________________


Dernière édition par Sherryline le Lun 14 Mai - 11:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Lun 14 Mai - 11:29


W. gabriel logan
Les étoiles sont le miroir de l'âme comme
les Abysses sont la noirceur des Hommes

Sherryline nagea jusqu'à un récif immergé, souhaitant surprendre ses proies. Elle avait du remonter des profondeurs de Bening, pour chasser le gros poisson de plus en plus loin. Parfois elle ramenait des cétacés ou des cartilagineux mais il fallait être à plusieurs pour avoir un combat fertile et pertinent. Seule, elle ne pouvait que se contenter de prédateurs de son acabit. Munie quand même d'une lance digne d'un épieux blindé, elle traqua un moment une sorte de dauphin mais plus gros et aveugle. Il naviguait au radar, se repérant grâce à ses sonars. Il fallait attendre le moment de distraction, celui où il les désactiverait, pour se jeter sur lui. Souvent, cela prenait une journée, mais les filles de l'eau étaient patientes, surtout quand la chasse remmenait à la tribu une belle proie.

Hélas pour la sirène, cette grosse bestiole avait décidé de lui en faire voir des vertes et des pas mûres et la traîna sur des kilomètres en zigzaguant. Bien que toujours cachée derrière, prête à attaquer, elle n'arrivait pas à déceler la faille dans son système de défense. Le poisson faisait des ronds dans l'eau avant de repartir. Il se nourrissait de quelques planctons puis continuait sa route. Au bout d'environ trois heures, Sherryline regarda au dessus d'elle et comprit qu'il l'avait dupé. Il l'emmenait vers la côte ET vers la surface. Ce qui l'étonnait, vu la cécité du monstre. La sirène abandonna alors la traque et se risqua à sortir la tête de l'eau, comme par curiosité. Elle n'avait jamais sentit l'air frais. Et d'ailleurs, ce fut pour elle terrible. Dès qu'elle se retrouva la tête hors de cet océan glacé, elle cru étouffer. Complètement paniquée, elle entra à nouveau dans le creux des bras de son Père, avant de tenter une nouvelle percée.
Ce petit manège dura quelques secondes, peut-être une minute, avant de s'apercevoir que, hormis la panique, l'air n'était pas nocif pour elle.

Un peu plus loin, un chalutier dont l'équipage était totalement distrait, naviguait sur les flots. Sans grande surprise, Sherryline, qui se trouvait pile dans sa trajectoire, fut inconsciente du danger. Lorsqu'elle se retourna, sentant une présence, elle vit ce monstre de fer lui foncer dessus prêt à la fendre en deux. Elle eut à peine le temps de se détourner, évitant la tête mais pas le reste du corps. Le bateau failli la couper en deux et la violence de l'impact la fit plonger dans l'eau, ressortant en flottant, quelques mètres plus loin. Ayant rempli ses poumons d'air, ce fut tout naturellement que son corps resta à la surface et ce plusieurs heures.

En moins de six heures, le sang avait rapidement fini de couler et elle se retrouva allongée sur le sable d'une petite crique de la ville côtière Bristol Cove. L'eau venait lécher les digues avant de se retirer en y laissant ses joyaux. Sherryline fut propulsée par les vagues assez loin, de manière à ce que l'eau ne l'atteigne plus. La fin des rayons de soleil sécha son corps endormi et meurtri qui, au bout d'un moment fit apparaître ses jambes. Sa mue de sirène s'effrita en suivant, tombant rapidement en poussière et se confondant avec le sable grossier. Elle, jouait toujours à la Belle aux bois dormant.

Le jour chutait et le frais commençait à percer. Son corps diaphane et sans vêtement frissonnait inconsciemment sous la brise douce mais piquante, de la cité portuaire. Plongé dans un sommeil sans songe, elle commença enfin à revoir la lumière mais difficilement malgré tout. On toucha son bras, elle sentit des mains sur sa tête, puis quelque chose courir à côté de la plaie béante qu'elle avait sur les côtes. Celle-ci ne saignait plus mais elle était encore vive et avec le sable qui traînait dedans, il ne faisait pas bon vivre de la laisser dans cet état. N'importe quel humain avisé saurait qu'il fallait la soigner immédiatement.

Sherryline ouvrit difficilement les yeux. Sa vision était complètement brouillée et elle se sentait ensuquée. Son dos et même son corps lui faisait tellement mal... Elle voulu lever sa main, mais elle ne pu que bouger son index. De même, sa tête la lançait et elle ferma alors les paupières, comme pour replonger dans un sommeil réparateur. Mais son esprit ne désirait pas se rendormir au contraire. Il réveilla la douleur de la plaie, la douleur des poumons plein d'air pour la première fois de vie ainsi que le contact de l'oxygène sur sa peau. Sa queue, également, la faisait moyennement souffrir. En réalité, elle ne la sentait plus. C'était une douleur en moins mais une panique en plus.

La nymphe y alla progressivement. Ses paupières s'ouvrirent à nouveau puis papillonnèrent. Des gémissements chuchotés sortaient d'entre ses lèvres. Au dessus d'elle, un soleil éblouissant lui faisait mal à la tête et aux pupilles. Tourner la tête pour ne pas regarder ce dieu de feu lui demanda un effort qu'elle n'était visiblement pas prête à fournir. Un nouveau gémissement se fit entendre, un peu plus fort, traduisant la douleur du geste. Alors qu'elle reprenait peu à peu conscience, elle sentit une ombre la recouvrir. Bien que ses yeux ne s'étaient pas habitués et n'avaient, en aucun cas, fait un focus quelconque, elle distingua un visage et des odeurs qu'elle ne reconnut pas.
La panique la saisit pour de bon.

Sous l'adrénaline, son corps se réveilla et elle chercha à se redresser. Ses gestes étaient brusques, agressifs et elle voulu s'en prendre à ce qu'elle ne distinguait pas. Comme la sauvage quelle était, elle siffla, montrant les dents et tenta de déployer ses nageoires pour impressionner l'ennemis. Mais elle ne se doutait pas qu'elle ressemblait à une jeune fille de vingt ans ou même dix-huit, blafarde, malade et complètement sous substance narcotique. Elle était ridicule. Cependant, elle ne se voyait pas.
Paralysée, sans la moindre possibilité de bouger, elle comprit qu'elle n'était pas dans l'eau. Ses yeux finirent par mettre au point l'environnement. Que des choses inconnus pour elle et en face, un homme avec des... Un bipède ! Les yeux d'acier de Sherryline observèrent les jambes de l'inconnu un moment, trop longtemps, puis redressa la tête vers lui. Elle ne sentait plus les siennes.

Tout à coup, elle se rappela sa blessure. En baissant les yeux, elle enleva maladroitement les tissus qu'elle avait sur elle pour regarder ses côtes. Seulement, ce qu'elle vit sous les draps lui fit mettre les mains sur la bouche pour étouffer un cri.
Des... Des jambes.
    « Hiiiiishhhhyaaaaa ! »
Un cri très aigue et à la fois guttural, faisant couiner les chiens, sortit de sa gorge. Lorsqu'elle posa ses doigts sur ses genoux elle prit le temps d'observer ses mains également. Elle n'avait plus rien à voir avec qui elle était ! Que lui avait-on fait !
Prise sous la panique la peur et la rage, elle commença à se griffer les jambes, souhaitant voir réapparaître sa queue à tout prix, comme si ses nageoires se dresseront par magie. Elle gémissait de peur et cela était clairement audible. Cependant, le sang commençait à venir affluer sur sa peau et sous ses ongles...

Voilà pour toi <3 Alors comme tu peux t'en douter j'ai pris des initiatives !
Je me suis dit que la faire se réveiller sur la plage c'était too much xD Donc je suis partie du principe qu'il l'avait emmené chez lui, mis sous un drap sur un lit quelconque ou même d'appoint ou même le canapé et que de son côté elle s'était réveillée sur les coups des 21H. Le soleil = la lumière artificielle évidemment xD Et donc Sherry est clairement en panique. Voilà voilà 8D Si les choses ne vont pas n'hésite pas à me le dire <3
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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Mer 23 Mai - 22:33


Les étoiles sont le miroir de l'âme...
ft. Sherryline


...comme les abysses sont la noirceur des hommes. Et nous devons les dissiper. Ensemble.




Beaucoup de boulot, trop de gens vus et pas assez de mains pour s'occuper des animaux et même si la spécialité de Gabriel était la chirurgie, son domaine de prédilection avait été peu demandé ce jour-là donc beaucoup de bavardages inutiles avec les clients. Cela faisait des années que ses collègues l'avaient "encouragé" à développer le côté social du métier et il soupirait toujours autant de devoir s'adapter à la volonté de la majorité ; ce n'était rien dans l'univers mais cela transformait une journée de rêve en une longue corvée. Il était social mais envers les animaux ; avec des gestes, des regards, quelques mots avec certaines sonorités mais il n'avait besoin de rien d'autre . Autant Gabe trouvait cela normal de parler aux enfants, leur apprendre à comprendre leur compagnon, comment les aider et à être responsables mais pas vraiment aux adultes. Parfois trop froid, ils se considéraient souvent comme des clients dont toutes leurs exigences devaient être pris en compte ou juste des silhouettes qui se sentaient obligées de faire la conversation.

Une somme de toutes ces péripéties l'avait entraîné vers les rares plages désertes de Mermaids Gardens et les étoiles avaient répondu à ses souhaits : pas un chat, pas un rat et pas un couple de jeunes "maudits" à l'horizon. La mer, les mouettes, les bateaux au loin et lui. Ravi de ce moment privilégié avec lui-même, Gabe ferma les yeux en serrant le col de sa veste, savourant le confort de sa barbe et de ses vêtements en regardant le soleil lécher la ligne d'horizon. Bientôt, il allait être englouti par la mer pour mieux renaître un lendemain dont il se préoccuperait après une bonne balade avec ses chiens, un repas chaud et une bonne nuit de sommeil. En parlant de sa meute, il fallait tout de même qu'il se hâte auprès d'eux, les nourrir, les choyer, se sentir en bonne compagnie et en même temps seul, accablé par un lit qui finissait par être trop grand pour lui, même pour un homme de sa carrure. Et lentement, l'ancien soldat allait rêver de la guerre, de son ami qui n'était plus de ce monde, un fantôme qui voulait sans doute le secouer. Après tout, Gabriel était encore en vie, un bon père, un ancien héros parmi tant d'autres, pourquoi accepter encore cette solitude sur les épaules ?

Est-ce qu'il allait penser autrement en se réveillant ? Non. Comme toutes les fois où il avait rêvé de son binôme. Gabe se sentait juste davantage coupable de ne pas se sortir de cette situation. Il ne s'agissait pas simplement d'une séparation mal gérée mais plutôt de foi perdue envers les autres. Il essayait, il avait essayé, sortir avec des femmes mais sans succès et elles étaient douces, avaient leur petit piquant de curiosité, Gabe conclut simplement son ingratitude : il voyait un canevas de la discussion, n'arrivait pas réellement à être émerveillé par une personne hormis sa fille, c'est tout. De là à envier ces couples de jeunes gens qui aimaient trop les environs, non.

Son isolement, il l'avait mérité. Le problème était lui, pas les autres.

Cependant, les étoiles qui s'alignaient une par une dans le ciel d'Alaska avaient tissé une autre destinée pour lui.

- Qu'est-ce que... murmura-t-il dans sa barbe.

Sans même inspirer un bon coup, Gabriel s'élança vers la silhouette sans vie et approcha sa main près de sa bouche puis son oreille. Elle était en vie, elle respirait, une bonne nouvelle qui libéra ses épaules tendues et ses propres poumons qui s'étaient glacés face à ce corps pale d'une jeune femme. Sûr que la vie pulsait encore en elle, il se rua vers son véhicule pour trouver un drap propre au milieu des couvertures et retourna en un éclair vers la victime sans fermer la portière coulissante. Professionnel, il observa sa peau, ses membres, fit le tour pour regarder l'autre côté et il ne put empêcher ses yeux de s'écarquiller de stupeur ; cette femme était un miracle mais il n'avait pas le temps de s'attarder davantage sur la robustesse cachée de son corps diaphane ou la chance que lui avait procuré l'une des étoiles qui apparaissaient au-dessus de sa tête. La blessure était profonde, il fallait la nettoyer, dans son auscultation à la hâte, des milliers de pensées se bousculaient : qu'est-ce qui lui était arrivé ? Une noyade manquée ? Était-elle toute seule ? Son visage ne lui disait rien, pas qu'il connaissait tout le monde mais il l'aurait forcément repérée... Elle était nue...

Non.

Aussitôt, il couvrit ses formes du drap, n'espérant pas la déplacer pour en savoir plus sur son état et hors de question d'être obnubilé sur une probable agression sexuelle. Si elle avait eu lieu, il n'aurait rien pu faire, sa vie était la priorité.

Il fallait la déplacer. Dans un lieu sûr. Il pourrait toujours appeler des secours après s'être assuré de son identité à son réveil. Comme si sa peau de soldat ne l'avait jamais quitté, il la prit dans ses bras, méthodique, sa nuque maintenue comme il l'avait l'habitude autrefois. Jamais il n'aurait cru que cette expérience lui aurait servi, un soldat ne sauvait pas, il tuait. Le ciel se moquait de lui, apparemment et Gabe faisait fi de cette ironie, trop préoccupé à bien l'installer sur la banquette arrière spacieuse. A la place du conducteur, le vétérinaire se retourna pour l'observer de nouveau, priant tous les saints dont il se souvenait pour que quelqu'un qui la connaissait se manifeste rapidement. Elle avait l'air si jeune, si fragile, sa peau hyaline lui donnait des airs de poupée précieuse qui menaçait de se désagréger en sable à tout instant. Même si la situation était urgente, il n'avait jamais autant eu une conduite aussi prudente de sa vie.

Arrivés devant sa maison, Gabriel freina le plus progressivement possible et salua de loin son voisin en attendant qu'il regagne son foyer avant lui. Prudent, il vérifia ses rétroviseurs, se défit de sa ceinture de sécurité en un geste pour rejoindre sa patiente. Enfin, pas officiellement. Assuré de sa respiration, il alla ouvrir la porte pour calmer tout de suite sa meute et l'isoler dans son bureau pour avoir le champ libre. Il savait se faire obéir mais il ne voulait aucune marge d'erreur, il n'avait jamais fait entrer une étrangère chez lui comme ça. Un animal possédait un instinct bien loin de la nature de l'intelligence humaine ; à ne jamais sous-estimer, ni à estimer tout court, avec ou sans expérience.

Plus difficilement, il arriva à la reprendre dans ses bras et fermer sa porte grace à son bassin pour enfin rentrer à la maison, direction le canapé. Question de stratégie : du salon, il pouvait atteindre la pharmacie dans la salle de bain, de quoi couvrir, un téléphone qu'elle pourrait utiliser et de quoi écrire. Sa nuit allait être longue... Il alluma une lampe un peu tamisée et éteignit le reste. Il déplaça deux gamelles de croquettes dans son bureau pour calmer ses chiens inquiets de voir leur quotidien bouleversé, il leur gratifia d'une caresse chacun pour revenir à sa priorité, installé à son chevet sur un tabouret, à la bonne hauteur pour soulever un pan du drap, observant de nouveau la plaie béante.

Concentré sur les soins qu'il allait devoir prodiguer et le matériel nécessaire pour y parvenir,  le vétérinaire n'avait pas remarqué ses mouvements oculaires rapides suivis du réveil de la belle aux sables dormants, Gabe comprit ce qu'il se passait en voyant l'index bouger et s'enquit auprès d'elle, en observant les mouvements des membres et de son visage, et lentement, il glissa quelques doigts dans la paume de la blessée pour tester un peu sa sensibilité et son niveau de conscience.

- Mademoiselle, est-ce que vous m'entendez ? Si oui, essayez de serrer mes doigts, tenta-t-il avec une voix grave plus audible que d'habitude.

Il n'eut comme réponse que des gémissements, c'était mieux que rien, elle réagissait aux stimuli extérieurs, sollicitant douloureusement son corps pour se réveiller et d'instinct, Gabe se plaça pour faire de l'ombre sur son visage et la rattraper en cas de réveil brusque. Tout-à-coup, la jeune femme s'agita de plus en plus, il essaya de protéger d'une main l'arrière de sa tête, prévoyant une chute et de l'autre de faire des gestes implorant le calme, oubliant le fait qu'elle était une humaine, pas un animal. Pourtant, la rousse poussa des sifflements semblables à une créature blessée, paniquée par cet état de faiblesse qui signifiait la mort imminente si elle n'arrivait pas à faire fuir l'intrus.

- Calme ! Calme. Calme, exigea Gabriel en baissant d'un ton à chaque mot.

Encore une raison  de se sentir plus vétérinaire que médecin. Il était si isolé que ça au point de ne pas savoir communiquer avec un être humain ? Elle avait besoin d'aide, il devait réagir plus vite et mieux.

- Je m'appelle Gabriel, vous êtes chez moi, à Bristol Cove, quel est votre nom ? demanda-t-il lentement en montrant ses mains bien ouvertes, en ami.

Elle était tout de même très...sauvage pour une humaine, à un point où il ne pouvait même plus retenir ses mains de parler pour lui, montrant qu'il n'y avait plus aucun danger, personne n'aurait réagi ainsi sans une bonne raison et c'était sûrement lié à sa blessure. Bon, elle commençait à voir apparemment plus clair, se rendant compte qu'elle était couverte par un drap.

- Ne touchez pas votre blessure, elle ne saigne plus. Vous avez eu de la chance, vous avez beaucoup saigné et...

Au début, il n'entendit rien mais sa peau s'était déjà hérissée et par défense, il se couvrit les oreilles en entendant ses chiens hurler mais ce fut trop tard, ce son avait vrillé ses oreilles pour aussitôt partir et devenir un son plus supportable qui s'enrouait dans la gorge de la rescapée. Elle était complètement paniquée, il réagit sur le coup et tenta de se saisir de ses poignets pour l'empêcher de se blesser davantage en grondant un ordre puis, il posa son front sur le sien pour fixer son regard au sien.

...qu'est-ce que je fais...là...?

Encore son instinct ? Oui. Encore lui. Il hurlait en lui.

- On reste calme. On va te soigner.

Cette fois, c'était un murmure rauque. Non une menace mais une promesse, un plan qu'ils allaient suivre à la lettre. Lentement, Gabriel Logan se redressa sur son tabouret, relâchant en douceur ses poignets, ses yeux sévères et à la fois sûrs qui ne lâchaient pas ceux de sa patiente.

La nuit allait réellement être longue, il aurait dû être plus réactif, il allait devoir la laisser seule pour chercher de quoi nettoyer ses nouvelles plaies et de quoi suturer.

- Je vais aller chercher du matériel pour te soigner et te nettoyer. Tu restes là, tu ne touches à rien, expliqua-t-il en joignant les gestes à la parole pour être sûr d'être obéi.

Cette scène était totalement irréaliste : il tutoyait une jeune femme dont il ne savait rien, lui expose les faits comme il le ferait avec un animal et il obtenait des résultats. Si tout le monde pouvait être comme elle, la vie lui serait plus simple. A reculons, Gabe passa de l'autre côté du canapé pour disparaitre dans un couloir pour aller dans la salle de bains, les oreilles dressées, réactives au moindre bruit hormis les chiens qui grattaient à la porte du bureau pas loin. Il allait devoir les traiter un peu comme des princes après cette folle nuit.

Les mains désinfectées, le matériel et une desserte en plastique poussée jusqu'au salon, Gabriel enfila ses gants et montra ses mains à la jeune femme, renouvelant sa preuve de pacifisme, il était là en ami.

- Je peux toucher tes jambes ? demanda-t-il en pointant du doigt les jambes de la féroce rousse.

Il aurait voulu déjà s'occuper de la plus grande plaie mais s'il devait nettoyer quelque chose qui allait faire très mal, autant tester sa sensibilité sur un membre.

- C'est pour t'aider. Laisse-moi t'aider.

Aucune politesse. Aucun faux semblant. D'une âme à l'autre, les yeux dans les yeux, Gabriel voulait sonder plus loin que l'orage de ces iris qui semblaient chercher le danger dans chaque recoin et en lui.

Il n'y avait point de danger, simplement de l'incompréhension.

Ils devaient d'abord savoir parler entre eux avant de comprendre ce qui lui arrivait.





Dernière édition par Gabriel Logan le Lun 28 Mai - 18:27, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Jeu 24 Mai - 16:33


W. gabriel logan
Les étoiles sont le miroir de l'âme comme
les Abysses sont la noirceur des Hommes

Sherryline cru mourir. Tout ce qu’elle connaissait d’elle-même avait tout bonnement disparu. Qu’elle cri ou qu’elle pleure ne signifiait rien. Elle était perdue, comme… Dédoublée.
L’homme à côté d’elle essaya de communiquer en vain. Il comprit bien vite qu’avec elle il fallait employer la force et l’empathie. Des mains fermes et caleuses vinrent attraper les délicats poignets de la rousse, avant que sa silhouette ne s’approche totalement d’elle. Si elle voulu se débattre, elle était définitivement trop faible, ayant bêtement dépenser son énergie à ruiner ses jambes. Sherry se calma et accueillit l’étreinte de l’inconnu, capitulant devant ce danger en réalité inoffensif. A bien y réfléchir, elle n'avait rien à perdre et bien qu'elle soit sauvage, ça n'aurait pas été dans son intérêt de tuer une personne dont elle ne connaissait rien. Elle ne le faisait même pas avec les siens.
L'homme posa son front contre le sien et sa voix rauque vint faire vibrer autant les tympans que le cœur de la guerrière. Le bruit qui s'échappa de sa bouche était faible et similaire à celui des dauphins, traduisant alors une acceptation de son état. Elle ne comprenait pas la langue du mâle, mais elle consentit à acquiescer à ses intentions.

Lorsque Gabriel avait attrapé les poignets de la sirène, elle avait capturé les siens en retour. Actuellement, il était son ancre dans ce monde. C’était irrationnel, dénuée de logique, mais elle ne pouvait clairement pas fuir. Le milieu marin avait l’air si loin… Dans son clan, plusieurs personnes racontaient que le peuple terrestre avait pour ambition de faire des expériences sur des gens comme elle. Ne s’approchant jamais des côtes, elle ne s’en était jamais souciée. Malheureusement aujourd'hui était propice à réfléchir à tout cela : mythe ou réalité ? Il fallait qu'elle se fasse sa propre opinion mais pas dans cet état, pas maintenant.

Le propriétaire des lieux se détacha d’elle, lui parlant d’un ton ferme et sévère. La sauvage le regarda, intriguée de ce qu’il disait et de son attitude. En un sens, il ressemblait à celui qu’elle avait perdu il y a quelques années. Robuste et un peu fier.
Elle le vit partir dans la nuit d’un couloir, entendant distinctement ses pas, sa respiration et jusqu’à ses gestes. Sans l'image, elle se demanda ce qu'il pouvait faire. Et en laissant son imagination divaguer, elle fut tétanisée de panique. Après tout, elle était chez un bipède qu'elle ne comprenait pas et qui avait surement vu son corps de sirène. Elle avait toutes les chances de se faire tuer. D'autres bruits, plus infimes, percèrent pourtant ses oreilles. Des grattements au pied d'une porte en bois de l'autre côté de la maison. En plus de tout cela, les battements de son cœur pulsaient dans ses tempes et elle faillit s'évanouir. Se dire qu'ils n’étaient pas seuls la terrifiait. Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Pourtant, elle ne sentait pas d’autres odeurs. Mais à peine fut-elle paralysée par ces nouvelles données que l’humain revint à son chevet.

La rousse ne se jeta pas sur lui. Elle pencha la tête sur le côté, observant minutieusement ce qu’il faisait. Et puis il parla en indiquant quelque chose. Lorsqu’elle suivit le mouvement de la tête, il emmena directement sur ses jambes. Alors elle les pointa aussi et une voix douce sortie de sa bouche :
    « Jam...bes ? »
Elle toucha ses genoux, puis les plaies qu’elle venait de s’infliger.
    « Jam...bes. Jambes. »
Comme prise d’un euréka soudain, elle le regarda et dit de manière très hachée avec un fort accent :
    « JAMBES ! MOI ! »
Alors elle réitéra le bruit guttural similaire à celui des dauphins mais plus fort. Non pas qu’elle était particulièrement contente mais elle était d’accord avec la situation actuelle. Alors elle hocha la tête comme pour lui donner son consentement.
Quand il s’approcha pour la soigner, il fit des gestes qui infligèrent une douleur à la guerrière qu’elle n’avait jamais ressentit. Aiguë et brève. Elle couina avant de rugir à l’égal d’un lionceau de quelques mois. Elle avait enduré pire, mais c’était une souffrance qu’elle ne connaissait pas et comme toute inconnue, cela faisait psychologique bien plus mal. Cependant elle ne s'attaqua pas à lui, le laissant faire, comprenant que sa douleur s’apaisait petit à petit.

Après tout cela, Sherryline était essoufflée. Elle n'avait crié qu'une seule fois mais avait l'impression d'avoir enduré beaucoup. Malgré tout, elle regretta de s’être infligé tant de plaies. D’un autre côté elle pouvait observer à foison l’homme et les alentours.
Il était concentré, la mine fermée et le regard attentif. Sa mâchoire carrée était affublée d’une légère barbe de quelques jours. Ses cheveux, laissés négligemment mi-longs, avaient l’air soyeux. Sa peau était de carnation claire et, pourtant, elle avait l’air d’avoir accusée le soleil il y a de cela des années. Si tout pouvait sembler sans piquant, ses yeux eux, changèrent la donne. Ils irradiaient. Leur éclat passionnait la sirène qui se pencha légèrement comme pour mieux le voir. Elle ne connaissait pas les coutumes humaines et pour elle, observer quelqu’un et le détailler n’était pas impoli au contraire. Cela voulait dire qu’il était assez intéressant pour que l’on s’y attarde dessus…

Sherryline s’étonna qu’il n’ai pas de fentes horizontales au niveau des joues. Comment respirait-il ? Où était ses branchies ? Elle finit par tendre une main pour effleurer sa peau. Elle était si chaude ! La sirène, elle, était presque gelée à côté. Immédiatement, comme si ce contact lui fit mal, elle récupéra son bras.

Quelques secondes plus tard, la sauvage profita d’un contact visuel pour frotter sa bouche. Elle était sèche. C’était le moment où elle était censée se décomposer ? Elle avait mal à la tête également. Sherry émit un petit bruit et lécha ses lèvres sans cesse. En réalité elle avait soif, mais elle ne le savait pas.

Sa grande blessure la lança et elle dû s’allonger totalement. Fiévreuse, la peau blême, elle jeta le drap par terre pour observer ses cotes. En effet, la balafre était assez grande et profonde mais n’avait touchée aucun os. Au contact de l’air, cela lui faisait réellement plus mal que dans l’eau. La sauvage couina avant d’essayer de se lever. Mais son corps dénudé fut entravé par le mâle qui chercha à la calmer une fois de plus. Elle avait balancé automatiquement ses jambes sur le côté du lit et il l'avait stoppé dans une position assise. Démunie et seule, elle attrapa les bras de l’inconnu qui se tenait en face d’elle. Les yeux scrutant le sol terne, elle réalisa que ce n'était pas la douleur qui voulait la faire retrouver les siens, c'était la peur. Et son regard ne mentait pas. Alors quand elle releva la tête, elle essaya de balbutier un peu trop fort :
    « Ai...Haid...m… Haid’moa »


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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Lun 28 Mai - 18:10


Les étoiles sont le miroir de l'âme...
ft. Sherryline


...comme les abysses sont la noirceur des hommes. Et nous devons les dissiper. Ensemble.




Des cris de mammifère marin ? Étrange mais pourquoi pas ? Enfin un progrès dans leur communication et elle avait l'air plus calme après...c'était peut-être sa manière de dire qu'elle comprenait ? Au moins, quand elle avait pris ses poignets, l'échange était plus clair, son trouble était autant palpable que sa propre peau mais la priorité était sa santé, Gabe aurait largement le temps de la rassurer après des soins et du sommeil. Alors qu'il avait fini son auscultation et la préparation des gazes et des pansements, il accueillit le résultat enthousiaste de ses observations avec un plissement d'yeux doux et rieurs, heureux de constater son vocabulaire, de l'intelligence. Elle ne souffrait peut-être pas d'une forme d'autisme... Même avec ses connaissances limitées, le vétérinaire essayait d'évaluer sa psychologie, essayant de déceler des séquelles d'une agression ou d'une commotion.

- Exact. Vos jambes.

Quel dommage qu'elle les avait lacérées comme ça, cette jeune femme avait déjà une plaie à faire soigner, elle avait du paniquer suite à des souvenirs peut-être ? Autant ne pas trop y penser et agir, tentant d'accélérer le processus de cicatrisation pour leur rendre leur apparence délicate. Qui avait osé souiller cette perle ? Quelqu'un qui voulait s'en emparer à tous prix malgré son jeune âge visible. Pourtant, contre ce qu'elle avait traversé, sa patiente brava les vagues de douleur qui la submergeaient, tant qu'il était sur la phase de nettoyage, il n'osa jeter un regard sur elle, ses oreilles accueillaient assez de souffrances, encore par des cris d'origine féline. L'enfant sauvage devait autant se concentrer que lui, accélérant la cadence pour suturer pour les blessures plus profondes et bander. Il put relâcher sa vigilance pour glisser son regard se heurtant aux iris d'acier animés par une curiosité nouvelle qui déclencha une déglutition nerveuse et lente, faisant danser sa pomme d'Adam. C'en devenait long et gênant mais il avait peur qu'il rompe quelque chose, peut-être qu'elle commençait à se souvenir d'un visage ressemblant au sien ? Son visage angélique commençait à se rapprocher du sien, puis sa main à la peau diaphane finit par toucher la sienne et brusquement, le contact se rompit. Elle avait eu peur de quelque chose ?

- Désolé mais pour l'instant, je tiens à ma barbe, plaisanta-t-il pour détendre l'atmosphère.

Il n'avait jamais eu le don de faire rire hormis ceux qui avaient eu la patience de le connaitre plus ou moins mais Gabriel se sentit un peu mieux par la satisfaction d'un minuscule trait d'humour et par son travail de bandage, ni trop serré, ni trop lâche. Soudain, il se détacha vite de l'observation du résultat pour se débarrasser de ses gants stériles pour se préoccuper de la bouche de la souffrante. Évidemment, il pesta contre sa stupidité dans son for intérieur pour se précipiter dans sa cuisine, passant par le même couloir, moins éloigné que la salle de bains pour trouver un verre en plastique et de l'eau tempérée. A portée de voix, il entendit des bruits d'effort. Alarmé, il ne put que remplir à moitié, soufflant entre ses dents d'un coup pour libérer sa frustration et sa peur.

Revenu dans le salon, Gabriel Logan posa lourdement le verre sur la desserte pour prendre contre lui son corps juvénile comme sa furie sur lui, soufflant des mots d'ordre commandant l'apaisement, le calme mais rien n'y fit et impossible de cingler ses poignets pour l'empêcher de tomber. Grimaçant sous la difficulté de doser sa force sans la blesser, Gabe tenta au moins de la forcer à s'asseoir, collant son front de nouveau au sien, sa chaleur moite contre sa peau gelée. A force de s'agiter ainsi, elle allait saigner de nouveau, comment trouvait-elle autant d'énergie pour se débattre de la sorte ? Elle ne frissonnait même pas, elle semblait plus fiévreuse qu'autre chose. Cette jeune femme était une énigme mais sa détresse était réelle, pesant sur son cœur trop fatigué, il avait tellement de mal à garder un masque d'impassibilité, il devait garder le contrôle de la situation et une distance de sécurité entre elle et lui.

Aussitôt remise sur pied, elle partira loin d'ici mais pour l'instant, il accusait le coup de ne jamais avoir eu quelqu'un d'autre d'aussi près de lui depuis longtemps, scellant définitivement son bon sens d'avoir opter pour son métier actuel. Loin des gens, loin des yeux, loin du cœur. Sa peur et sa douleur résonnaient trop fort en lui, il la comprenait mais il ne voulait pas l'admettre. Comment savoir si ce n'était pas simplement un mirage ? Après tout, il n'avait encore aucune explication sur son état sans parler de son empathie légendaire pour les humains : comme une légende, inexistante.

Dès qu'elle fut plus calme, l'ex soldat s'efforçait de se détacher de leur étreinte et chercha du regard le drap pour l'envelopper de nouveau mais il fut brusquement arrêté, elle avait saisi ses bras et son regard pour transmettre au mieux ses émotions, le tourment qui animait sa patiente. Est-ce qu'elle était recherchée ? Elle possédait un accent étrange, elle était rousse, d'origine celte ou Europe de l'est ? Il ne connaissait que les Balkans et elle ne semblait pas partager leur accent. Au milieu du cyclone de questions, Gabe était désarmé face à la terreur de la jeune fille, lentement, il glissa une main derrière sa nuque, appliquant à peine de la pression au bout de ses doigts et l'autre main sur sa joue. Il avança son visage pour encrer au mieux son regard au sien, sans dire un mot, respirant profondément et bruyamment pour la forcer à l'imiter. Dès qu'il la sentit plus détendue, il murmura de sa voix grave :

- Je vais t'aider mais il faut que tu me fasses confiance. On va te soigner, personne ne sait que tu es là donc, personne, ne te fera, du mal.

A y repenser, il détâchait ces mêmes mots à sa fille alors qu'elle était sûre que des monstres se nichait dans son coffre à jouets. Non. Il n'y en avait pas mais dehors, oui et il ne voudrait pas être le monstre qui avait fait du mal à sa protégée au point de la terroriser s'il le croisait. Gabe s'entraînait encore et il avait beaucoup de ressources pour réussir faire très mal en un minimum de coups. La justice ? Ils étaient dans le pays de la liberté. Pour tous. Y compris les monstres. Tant qu'il existait les avocats, ces mêmes croque-mitaines pouvaient continuer à hanter leurs victimes. Parenthèse fermée, il glissa plus bas sa main qui était sur la nuque pour ne pas desserrer leur embrassade tendue et se retourner pour saisir le verre d'eau en plastique sur la desserte. De nouveau face à elle, le vétérinaire mima l'action de boire, et s'installa un peu plus profondément dans le canapé pour lui servir l'eau à petites gorgées, il laissa d'abord le bord du verre sur la lèvre charnue et asséchée de sa patiente, attendant qu'elle accepte d'entrouvrir ses lèvres et laissa s'écouler un peu d'eau et écarta le verre, observant son attitude. Cette fois, il plaça les mains fines sur le verre, l'invitant à faire de même, seule. Peut-être qu'en se familiarisant avec des objets du quotidien comme ses jambes, elle serait plus calme pour la soigner correctement ? En tous cas, chaque "découverte" avait fait du bien à son moral et au sien aussi, malgré lui, il sentait son petit sourire naître à la commissure de ses lèvres. A la regarder faire, Gabriel se dérida légèrement pour féliciter ses efforts.

Malheureusement, toutes les bonnes choses avaient une fin. Gabe remit le verre sur la desserte et aida sa patiente à se remettre en position allongée en tâchant de se concentrer sur son visage plutôt que le reste de sa fine silhouette puis l'enveloppa mieux dans son drap en laissant sa blessure à l'air. Pour commencer, le vétérinaire allait l'aider à faire passer la douleur avec un anti douleur léger mais il n'avait rien sur elle, pas un dossier, aucune possibilité de savoir si elle pouvait supporter des cachets plus forts ni une pharmacie étendue pour plus d'options. Sa force d'âme allait être le principal actif mélangé à l'anti douleur effervescent pour plus d'effet sans imprudence. Ce choix était sa responsabilité. La confiance qu'elle avait en lui ne serait pas gâchée. Jamais.

Méthodiquement, il désinfecta ses mains, mis ses gants et prépara tout ce qu'il fallait pour suturer, la gaze et les bandages.

- Je vais te demander quelque chose de difficile : tu vas devoir être courageuse comme tout à l'heure. Tu peux crier mais pas bouger, expliqua Gabe le plus neutre possible.

Son visage était impassible mais ses yeux s'étaient mouillés, augmentant la fréquence des battements de cils pour absorber des larmes qui menaçaient de couler. Ses cris étranges, semblables à un animal, lui avaient fait réellement de la peine. C'était un combat qu'ils menaient à deux sauf que lui seul était au courant, c'était à lui d'être fort pour deux, il en avait fait la promesse. Longuement, il regardait la rescapée dans les yeux, essayant de montrer sa confiance envers elle même si c'était surprenant et commença à nettoyer la plaie. C'était dur mais il fallait qu'il n'entende rien, qu'il ne ressente plus rien. Avec des animaux, il connaissait leur anatomie, imaginer les nerfs, les muscles qui se tendaient, toute cette mécanique l'aidait à rester calme. La seule pensée qui semblait le calmer était la vision de son visage apaisé. C'était son souhait : qu'elle puisse se reposer sous sa garde et c'était un vœu raisonnable, totalement possible. Gabriel était plus que déterminé pour que cela arrive au plus vite.

Elle va aller mieux. Elle retournera auprès des siens. Elle m'oubliera. Je l'oublierai.

A chaque fois, il voyait ce crochet de suture percer sa peau d'albâtre mais ce n'était pas du marbre, ni de la neige, ni du cristal. Son sens du toucher, même sous les cals, il sentait la vie pulser.

Centré, recentré, cela devait être fait.

Comme toujours. Oui. Sans faillir, Gabriel referma la plaie petit à petit, il ne pouvait aller plus vite s'il ne voulait pas recommencer la suture ou la gâcher. Comme pour réussir un tir à l'époque où il était sniper, il régulait sa respiration sur ses gestes, harmonisant sa coordination œil-main et son état d'esprit. Si bien qu'il ne sut combien de temps cela avait pris à la fin. Malheureusement, ce n'était pas encore le temps de savourer leur victoire, il allait devoir la redresser pour bander son abdomen. Soucieux, il vira ses gants, désinfecta de nouveau ses mains pour serrer délicatement celle de la jeune rousse, une façon de lui demander si elle allait bien sans dire un mot. Il aurait voulu rester encore ainsi un moment mais plus vite c'était fait, plus vite elle allait pouvoir sombrer dans un sommeil réparateur.

- Il faut que tu t'assoies, je vais bander la plaie. Tu te sentiras mieux après, motiva Gabe en joignant par des gestes.

Il s'approcha d'elle pour caler son bras sur son épaule musclée, l'aidant à se redresser en un minimum d'efforts et à contre cœur, il laissa le drap découvrir sa poitrine. Il n'était pas obligé de regarder, il pouvait certainement le faire au toucher ; il en profita pour plonger ses yeux dans les siens pour l'obliger à rester avec lui, concentrée, cela avait marché deux fois, pourquoi pas une troisième fois ? Tout en appliquant le bandage lentement, testant de temps en temps la tension pour ne pas comprimer sa peau, il brisa le silence en un murmure grave.

- Tu m'as bien aidé, je suis fier de tes efforts. Après cette nuit, tu iras mieux demain et on trouvera ta famille.

Légèrement, l'ex soldat toucha le front de la jeune fille avec le sien, transmettant son respect pour se détacher, la laissant respirer sur le canapé et fixa le bandage. Il se promit un bon café dès qu'elle allait entrer en sommeil paradoxal et des caresses pour ses chiens.

Pas de balade pour eux, pas de repos pour le soldat qui était revenu pour cette étrangère.



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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Mar 29 Mai - 21:10


W. gabriel logan
Les étoiles sont le miroir de l'âme comme
les Abysses sont la noirceur des Hommes

Si Sherryline avait le vocabulaire suffisant elle écrirait un roman sur cet homme. Cet étranger qui l'avait emmener dans ce qui était sa demeure, pour pouvoir communier avec elle. Qui était-il à la fin ? Qu'essayait-il de faire ? Beaucoup des siens l'auraient violenter pour la soumettre. Lui, jamais. Il imposa sa force pour faire en sorte de la contenir, mais aucune main meurtrière ne s'était abattu sur sa tempe. Gabriel l'aida, l'accompagna et la soigna. Elle l'avait enfin compris.
Lorsqu'il ricana après son trait d'humour, elle le regarda comme on admirait une bête dans un zoo. Ce n'était pas méchant, simplement elle apprenait, s'émerveillant presque de ce qu'elle voyait. Un fait certain, elle adorait le timbre de sa voix. Rauque, dur, suave, il résonnait en elle. Les cordes vocales masculines faisaient pulser son cœur au même rythme.

La sirène s'en voulu d'avoir paniqué à nouveau et en même temps, elle n'y pouvait rien. L'instinct la guidait et elle lui faisait confiance surtout après tant d'années. A nouveau, elle se heurta à la force de l'étranger. Il la toucha, lui parla, la rassura. Il fit en sorte de la plaquer contre lui, puis de la faire s'asseoir. Elle voulait se débarrasser de la peur, de la douleur et de tout ce qui entravait son chemin. Jamais la sirène ne quitta son regard qui était mue d'une force de conviction à faire chanceler une statue de marbre. La femme aimait ça et elle finit par respirer moins vite et un peu plus fort, l'imitant. Les mots qui se détachaient les uns des autres, comme articulés, eurent du sens à ses oreilles.

Ce fut une réelle découverte pour elle que de boire de l'eau. Le verre, la sensation et même le geste. Elle hésita, elle refusa puis elle continua. Il y eut plusieurs stades d'acceptation qui passèrent tous très vite. Alors qu'elle sentit le verre et observa les reflets sur ses parois lisses, Gabriel le reprit pour le poser un peu plus loin. C'était étrange de voir tout cela rester bien fixe sur le sol. Dans l'eau, tout bougeait en permanence, rien n'était complètement enraciné. Même les rochers pouvaient, d'un jour à l'autre, se mettre à se mouvoir.

L'homme ne parlait quasiment pas. Ils s'exprimaient par des gestes et des bruits d'âme. Lorsqu'il remit ses gants, Sherryline comprit qu'elle allait à nouveau avoir mal.
Elle secouant la tête, ne voulant pas supporter plus, mais il ne lui laissa pas le choix. La petite avait beau protester par de petits gémissements suppliants, c'était pour elle, pour son bon rétablissement.

Sherrilyne du finalement supporter bien plus que la mort elle même. La douleur la paralysa tellement qu'elle mit plusieurs minutes à comprendre ce qui lui arrivait. Son flan la brûlait. Sa respiration était rauque, dure, chaude et profonde. Les grondements venaient des entrailles de son coeur, de sa gorge, pour venir mourir sur ses lèvres. Les jointures de ses doigts étaient si blanches que, elles non plus, elle ne les sentait plus.
La sirène se tenait légèrement sur le côté et, sous l'émotion, avait attrapé la mousse du canapé sur lequel elle était. A travers ses cheveux roux qui osaient entraver sa vue, elle arriva à voir le guérisseur. Il transpirait. Il était concentré, fermé. Son attitude était rassurante et en même temps, Sherryline était au bord de l'évanouissement. Elle aussi perlait des gouttes grosses comme le poing, venant inonder les draps alentours. Elle étouffait certains cris, en laissait passer d'autres, jusqu'au moment où il s'éloigna d'elle. La nuit était maintenant bien avancée et la jeune femme détendit alors tout ses muscles.

L'adrénaline dans ses veine l'empoisonna tellement qu'elle commençait à s'endormir. Elle était amorphe, sans énergie. Pourtant, Gabriel attrapa délicatement sa main dégantée et l'incita à le suivre dans le mouvement. Son corps entier la tirait, elle ne voulait plus bouger. Pourtant, son visage était apaisant. Alors elle le fit grâce à lui. Il l'aida du mieux qu'il put et pour la première fois elle tenait debout, sur ses jambes. Sans surprise, elle s'accrocha complètement à son cou, ne tenant que peu sur ces nouvelles échasses. Un petit cri de panique sortit de ses lèvres et elle ne bougea pas plus. Le docteur la rassura et lui fit comprendre qu'il allait l'envelopper d'un tissu doux. Il était tellement chaud. Elle appréciait ce contact.
Doucement, alors qu'il l'entourait de ses bras pour faire passer la bande assez large, elle posa sa tête sur son épaule. Elle voulait voir ce que cela faisait de se reposer réellement sur l’épaule de quelqu’un pendant quelques secondes au moins. Après la grosse douleur qu’elle endura, cela faisait du bien. La sirène ne se rappela pas bien de la suite et elle supposa s'être quasiment endormie sur ses entrefaites. Le moment où il lui parla de sa famille et où il la recoucha était complètement flous.
~

Sherryline se sentait bien. Elle avait chaud, elle était sereine. Plus de douleur, plus de peur et d'anxiété. Une douce lumière venait bercer ses traits reposés. En effet, le soleil matinal passa à travers les grandes baies vitrées, perçant ainsi le voile de sommeil de la jeune femme. Il devait être aux alentours des neuf heures du matin, peut être dix. Sherryline respirait doucement, nimber dans le drap aussi pâle que sa peau. Ses cheveux éparpillés autour de sa tête, celle-ci posée sur un oreiller, avaient complètement séchés. Certains étaient ondulés, d'autres raides. Elle mit un peu de temps à s'éveiller, à passer du sommeil au réveil.
Alors que ses yeux étaient encore fermés, ses membres s'étirèrent un à un, et elle sentit l'air frotter ses pores. Finissant par admirer le salon de ses orbes d'acier, elle se rappela alors pourquoi elle se trouvait ici.

Quelle aventure... mais cela avait été nécessaire. Un peu frileuse, elle ne se leva pas de suite. Elle s'enroula dans ce linge clair et bascula doucement ses jambes sur le côté. La sirène ne fut plus aussi choquée de ne pas voir sa queue. Comme elle le sentait sous les bandages, ses plaies sur ses jambes s'étaient totalement refermées et celle sur le côté n'était qu'un grand bleu lointain. En une fraction de seconde elle repensa au travail d'orfèvre du vétérinaire. La minutie de ses gestes et la fermeté dans ses yeux. Telle une réminiscence brûlante, elle toucha son front, se rappelant alors de son contact. Le frisson qui lui mordit l'échine la surprit. Qu'est ce que cela voulait dire ?

Assise gentiment sur le canapé, perdu dans ses pensées à regarder au dehors en face d'elle, elle finit par voir une silhouette arriver. A nouveau elle avait soif mais ne dit rien. Sherrilyne le regarda. Elle voulu le rejoindre mais, dans l'élan, perdit équilibre. C'était seulement la seconde fois qu'elle se tenait debout et ses jambes, bien que faites pour, n'avaient pas encore l'habitude de la supporter. Un peu maladroitement elle mit un genoux a terre, le fier drap tenant toujours au dessus de sa poitrine.
Ce n'était sans compter la galanterie de l'étranger, qui se fit un plaisir de l'aider à se redresser.
    « Hat... Attend... »
Sherry regarda le sol. Ses cuisses et ses genoux flageolaient comme s'ils étaient en caoutchouc. Elle ne comprenait pas comment marcher alors que Gabe le faisait depuis la nuit dernière.
    « Je... Jambes. Jambes. Pas. Tiens. »
C'était du charabia. Ses jambes ne la tenaient pas, les mots étaient là, mais la conjugaison était encore difficile.
    « Pas douleur. Jambes bien. »
C'était déjà ça. Complètement dans ses bras, s'étant totalement laissé allée à son contact, elle releva la tête pour le regarder.
    « Tu... Beau... »
De facto, ils se tenaient très proche l'un de l'autre. Sans gêne, ignorante des us et coutumes, la sirène toucha sa joue, décrivit son nez, avant de sculpter ses lèvres du bout des doigts.
    « Moi. Sherryline. Toi ? »



Je t'en prie, tombe amoureux Cool
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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Mer 6 Juin - 20:10


Les étoiles sont le miroir de l'âme...
ft. Sherryline


...comme les abysses sont la noirceur des hommes. Et nous devons les dissiper. Ensemble.




Une heure. Le temps était passé rapidement depuis qu'elle s'était endormie. Gabriel n'avait même pas pris le temps de se chercher à manger, il s'était assuré d'abord que ses chiens aient tout de même leur balade pour se détendre et revenir rapidement pour leur donner de quoi manger. L'ex soldat était tellement sous le choc de la rencontre et des soins donnés qu'il était resté une heure à regarder la rousse respirer tranquillement. Délicatement, il avait épongé sa peau pour finalement se restaurer rapidement au frigo, boire beaucoup d'eau et discuter avec un collègue de travail avec qui il jouait à certains jeux en ligne. Hors de question d'aller travailler demain, il ne pouvait certainement pas la laisser seule et malheureusement, Gabe en avait trop dit pour ramasser des félicitations, le sempiternel reproche qu'il ne prenait des vacances que pour sa fille et qu'il était temps qu'il tire son coup. Non. Non. Et non. Il n'y avait rien à célébrer mais leur amitié légère, virile saupoudrée de respect entre professionnel lui permit d'obtenir le congés dont il avait besoin. Son collègue avait son côté beauf lourd mais vite rattrapé par une empathie rare que le vétérinaire accueillit avec un petit sourire en coin, satisfait. La communication par chat fut coupée à partir de là, une caresse par chien pour leur laisser le bureau pour dormir et un café dans la main, Gabriel Logan put commencer sa veille en compagnie du quatrième tome de la Tour Sombre. Autant relire le passage de la formation d'un pistolero le passionnait mais la rencontre avec Susan Delgado le fit sortir de sa lecture pour poser son regard sur sa patiente. Elle avait l'air si sage, Gabe avait l'impression de faire de nouveau sa connaissance et encore sans avoir besoin d'une conversation, loin des souffrances qu'elle avait du endurer, de l'adrénaline qui avait fusé à travers ses délicates veines.

Il se surprit à être impatient qu'elle se réveille, que le soleil se lève plus vite, qu'elle s'étire pleine de vie et qu'elle fasse encore ces cris de dauphin heureux.

Comme si le livre l'appelait, Gabriel se retournait vers le fauteuil au fond du coin, scrutant la couverture évoquant des forces obscures qui surveillait le groupe. Le héros Roland de Gilead souhaitait lui aussi se réveiller aux côtés de Susan, ils s'étaient battus pour finalement se retrouver séparer par la magie noire et un sacrifice rituel païen embrasant la peau de Susan.

Rien n'était acquis. Tout pouvait partir en poussière. Il ne la connaissait pas mais imaginer ce corps s'effondrer comme un château de sable sous une vague lui créait des sueurs froides. Il aurait bien eu besoin d'une bonne douche mais son sens du devoir et cette peur irrationnelle le poussèrent à regagner le fauteuil et se replonger dans le passé tragique du dernier pistolero.

La patience est toujours une vertu mais Gabriel avait trop l'habitude de rester dans un coin pour ne pratiquement pas bouger, respirant toujours de manière contrôlée, trop de rythmes fixes qui, couplés au confort de son foyer, l'attirèrent dans les bras de Morphée.

Encore des cauchemars. Cette fois, elle y était, cette douce jeune fille voulant se battre pour vivre avec peu d'énergie, voulant se réfugier dans ses bras pour mieux exploser sous le choc de leur étreinte et le moindre contact sur les morceaux, aussitôt, ils tombaient en poussière.

"Jambes...moi... Haid...moa..."

On pouvait s'habituer à tout mais il ne s'agissait plus de spectres qui le hantaient mais elle. Vivante. Gabe s'était mordu la lèvre, un réflexe pour ne pas hurler dans son réveil. Cinq heures de sommeil seulement. Au moins, elle était là, sa poitrine drapée montait et descendait dans un rythme régulier mais toujours pas réveillée, ce salon l'insupportait, autant aller voir à la cuisine pour plancher sur un petit déjeuné...ou plusieurs. Tant que le temps filait vite, cela n'avait pas d'importance, Gabe était pressé qu'elle soit là pour oublier ces suppliques pendant les derniers soins, elle ne voulait plus avoir mal. Ces yeux mouillés, ces cris obstrués par les muscles et muqueuses contractés, laissant qu'un mince son roué sortir de sa gorge. Il l'avait soignée, et torturée, ses yeux avaient cherché le calme dans les siens, ces mimiques qu'il avait capté rapidement, des petits riens qu'il avait ignoré effritaient le mur qu'il avait bâti pendant des années. Il ne pouvait pas se faire pardonner, il ne regrettait rien.

Il souffrait avec elle, seul dans la cuisine.

**

Un assortiment de petits repas, du sucré, du salé, à base de lait, à base de légumes frais, de viande blanche, deux tartines de confiture et même la petite assiette de sashimi du jour d'avant encore bien frais et aucune trace d'arachide en cas d'allergie. La fatigue pesait sur les épaules de Gabriel mais entre ne pas réussir à dormir et s'être dépensé à cuisiner, la satisfaction du travail bien fait rendait le choix évident. Il avait même réussi à faire sortir ses chiens dans le calme à l'aube, les nourrir et les chouchouter. La matin commençait très bien sans aucun incident, Gabe retrouvait la fluidité dans ses gestes alors qu'il préparait le plateau. Il était déjà neuf heures passées, il était temps de la réveiller mais arrivé au salon, sa mine sereine l'empêcha de la tirer hors de son sommeil. Absorbé par le jour éclatant dehors, il fixait son reflet fatigué sur la vitre, pinçant l'arête de son nez quand soudain, ses oreilles captèrent des bruits derrière lui. L'adrénaline fouetta son dos, le vétérinaire se retourna pour aider sa patiente qui se relevait avec peine, le genou à terre.

- Ca va ? Rien de cassé ?

Son pouls s'était tellement emballé vite que sa respiration était saccadée au point d'amoidrir le ton paniqué de sa voix. Enfin, elle parlait davantage même si c'était sommaire. Tout en écoutant attentivement, Gabe aida la rousse à se stabiliser en la collant contre lui pour qu'elle puisse s'accrocher à ses bras, ses épaules ou son cou. C'était tout de même gênant, il y avait forcément des vêtements à sa taille dans cette maison... Et dire qu'il avait peur, elle était la même.

Non. Elle était bel et bien là. Je n'avais pas besoin d'avoir peur. De quoi j'avais peur au juste ? Qu'elle disparaisse comme un mirage. Or, elle n'était pas un mirage, la fraîcheur de sa peau qui parcourait la mienne, lissant mes rides d'expression, je sentais la tension de mon visage sous ses doigts puis l'apaisement. C'était aussi magique que les disparitions de douleur que je faisais à ma fille quand elle était gamine mais là, ses doigts arrivaient à effacer peu à peu mes cauchemars.

Il n'y a pas de monstre dans mon placard. Je sais qui sont réellement les vrais monstres. Ils sont comme moi. J'en suis un, une créature qui a tué mais aussi sauvé. Il n'y a aucun karma à équilibrer. Je n'y crois pas. Je crois en elle, en son salut, sa félicité et elle partageait tout ça avec moi, réussissait à être proche de moi. Elle n'avait pas peur, elle était même rayonnante.

J'avais complètement oublié que j'arrivais à faire ça.

Faire sourire une inconnue.


Gabriel avait beau sentir son cœur se réchauffer au son de sa voix et à ce contact rapproché mais son côté adulte responsable revint à la surface non sans oser arrondir les angles avec une pincée d'humour bien à lui.

- Un merci suffit, pas besoin de me flatter, je sais que j'ai une tête horrible si je n'ai pas mes heures de sommeil.

Il arrivait même à sourire sincèrement à son autodérision, le vétérinaire tentait de desserrer leur étreinte, de plus en plus gêné et concerné par l'état de sa patiente puis surpris par l'acquisition d'un prénom. Même son regard s'était illuminé par cette bonne surprise qu'il revint vers son visage pour sceller enfin des présentations.

- Gabriel Logan. Tu peux m'appeler Gabriel. Ou Gabe. Enfin, comme tu le sens. En parlant de sentir, je vais ausculter un peu tes jambes...

Desserrer leur échange rapproché pour au final le renouveller en la prenant dans ses bras, plus il passait de temps avec Sherryline, moins il conservait de sens pratique sans parler de cette terreur complètement grotesque... Aucun être humain ne se décomposait aussi rapidement et certainement pas en grains de sable. Il avait juste peur pour elle, peut-être qu'il avait projeté sur sa patiente les peurs qu'il avait pour sa propre fille ? Au moins, il l'avait formée pour qu'elle se défende, il ne savait rien de Sherryline, cette jeune fille qui pesait lourd dans ses bras, les yeux bien ouverts, captant tous les détails sans aucun signe de confusion troublant ses iris d'acier ; tout ce qu'il savait était qu'elle savait réagir au danger et comprendre quand il n'y en avait pas. C'était tout de même léger niveau défense. L'inquiétude qu'il manifestait envers elle était tout ce qu'il y avait de plus rationnel. En douceur, sans quitter tout de suite son bras autour de sa taille, il interrogea Sherryline du regard, voulant être sûr qu'elle allait bien tout en haussant le drap pour mieux couvrir sa poitrine et dénudant petit à petit ses jambes. Face à son visage, Gabriel sourit légèrement et hocha de la tête pour la rassurer : il n'y aura pas de douleur, elle pouvait s'allonger complètement sans crainte. Il fit avancer son tabouret et centimètre par centimètre, Gabe tâtait et faisait glisser ses mains sur les jambes de la rousse tout en fermant les yeux, se focalisant sur son toucher, si une blessure avait boursoufflé ou non, augmentation de chaleur suspecte...rien à signaler. Prudent, il plia une jambe, consterné par le poids de son genou et continua de sonder sa jambe. Quel dommage... Ses os semblaient denses mais sa peau était très douce.

- Tu as été cruelle envers tes jambes mais elles guérissent bien. Tu me dis si tu as mal.

Un peu déshydraté, il éclaircit sa voix devenue trop rocailleuse. S'étant trop investi dans sa cuisine, ses chiens et un peu d'exercice, Gabe n'avait pas assez pris soin de lui et désormais, Sherryline prenait toute son attention, allongeant sa jambe pour prendre l'autre, la pliant, tâtonnant l'intérieur de son genou puis sa cuisse, sentant l'artère fémorale pulser. Satisfait, le vétérinaire laissa courir ses doigts le long de cette artère pour rejoindre le mollet puis le laissa choir aux côtés de sa jumelle et les couvrît toutes les deux.

- Pas d'infection, tu es plus solide que tu en as l'air, c'est bien. Tu dois avoir faim. Attends-moi ici, déclara-t-il en faisant signe de rester sur place.

D'un geste, il souleva le tabouret pour le mettre contre la baie vitrée et sortit une table basse pliante en bois de derrière une vidéothèque chargée. Posée tout près du canapé, il en profita pour regarder Sherryline et finit par poser une main sur sa tête, seul signe qu'il avait trouvé pour la féliciter de son courage. Rapidement, il revint avec un plateau chargé de petites assiettes garnies de nourriture, chacune différente : salade de blanc de poulet, sashimi de thon bien rosé, une simple salade avec des tomates et du maïs, un petit bol de céréales pétales simples et deux tartines à la confiture de fraise. Le petit déjeuné servi, l'estomac de Gabriel tonna son mécontentement.

- Ah. Oui. Je n'ai pas beaucoup mangé, je voulais attendre ton réveil. Sers-toi en premier, je mangerai le reste.

Il approcha un brin la table de nouveau pour que Sherryline puisse manger confortablement et lui se contenta du même tabouret pour se servir un verre de lait. Sa nuit avait été trop chargée en caféine pour boire quoi que ce soit d'autre. Il prendrait de quoi calmer les aigreurs d'estomac plus tard. Observant scrupuleusement sa convive, il réfléchit au ton le plus calme pour aborder les questions fâcheuses, ne désirant pas briser la confiance qu'ils avaient réussi à établir ensemble.

- Sherryline. Hier, je t'ai promis de t'aider à retrouver ta famille mais il me faut ton aide pour orienter mes recherches. Si tu es une étrangère, il faut me le dire. Je te donnerai de quoi te laver et des vêtements. Tu dois avoir froid.

Sa température l'avait toujours préoccupé mais sa patiente n'avait manifesté aucun problème sur ce point. C'était peut-être un symptôme d'une maladie et cela sortait complètement de son champ d'expertise mais si elle souffrait de quoi que ce soit, savoir de quel pays elle venait ou même d'un autre état pouvait aider des médecins à la soigner.

En pleine réflexion, Gabriel croisa ses doigts, les yeux plissés et perdus dans la faïence devant lui, effaré qu'il réussisse à rationaliser un des pires scenarii et pourtant, la vision du corps de Sherryline...

C'est ridicule. Il faut que je me reprenne en main. J'ai passé l'âge de croire qu'un livre fantastique puisse avoir raison ou même de souhaiter que ça se produise...

Qui voudrait d'une histoire de Stephen King dans la réalité ?

A part quelqu'un de plus fou que le Roi Cramoisi, personne.





Une surprise ? Chouette !:
 
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MessageSujet: Re: Les étoiles sont le miroir de l'âme comme les Abysses sont la noirceur des Hommes [w. Gabriel L.]   Jeu 7 Juin - 18:52


W. gabriel logan
Les étoiles sont le miroir de l'âme comme
les Abysses sont la noirceur des Hommes

La sirène ne savait pas trop ce qu’il se passait mais elle comprenait le principal. Le nom qu’il lui donna était si long qu’elle ne comprit que le diminutif. Le militaire l’avait attrapé et la gardait contre lui quelques secondes avant de l’aider à se rasseoir. Mais la femme voulait marcher, faire fonctionner ses jambes, ce qui était impossible pour le moment. Alors elle fut docile et se laissa faire.

Le guérisseur en profita pour la faire allonger de manière à examiner les bandages sur ses jambes. Bien qu’humides, ils ne présentaient aucune aspérité. Curieuse, l’inconnue le regarda la manipuler et lui parler.
    « Jambes plus rien. Jambes bien. »
Elle lui sourit lorsqu’il posa sa grande main sur sa tête, lui imposant de rester bien en place. L’intruse ne fit que se rasseoir, avant d’observer le ballet qu’entreprenait l’homme. Les meubles arrivaient devant elle comme par magie. D’une petite dimension ils se déployaient en de grands objets. Quelque part, cela l’émerveilla.

Sherryline eut l’honneur de découvrir un petit-déjeuner particulièrement copieux. Hélas pour son hôte, elle était une invité de piètre qualité. Que ce soit au niveau des manière ou de la propreté. Dans l’eau, qu’importait, tout se nettoyait de lui même. Si bien, que c’était une notion qu’ils n’avaient même pas ‘la propreté’. Ainsi, elle agissait très spontanément dans cette vie qui n’était clairement pas la sienne. Elle se levait, elle tombait, elle disait aux gens qu’ils étaient beaux et… elle mangeait comme un ours mal léché.
    « Gggrrsshhh ! »
Un son assez rauque et guttural émana d’elle avant qu’elle ne saisisse les bouts de poissons crus. Penchant la tête en arrière elle les avala d’un trait, la bouche remplie et les joues rondes de toutes ces victuailles. La scène était, en réalité, assez invraisemblables. Elle paraissait si belle et si nymphe que la voir agir de manière presque trop primitive, contrastait au point de pouvoir choquer.
Au final, elle rectifia tout ce qui était à base de poisson ou de viande cru ou très saignante. Elle laissa œufs, pâtes, pâtisseries et légumes.
    « Pfiuf ! »
La sirène passa à peine dix minutes à faire son repas avant de se laisser aller contre le dossier du vieux canapé. Une mèche de cheveux qui revint devant son visage, s’envola quand elle y souffla dessus en louchant pour la voir très exactement.

Il lui fallut un petit moment pour réellement intégrer les paroles de l’homme.
    « Moi avoir clan. Pas famille. Moi venir de loin, très loin. Après Berring. »
Son visage se fit rêveur repensant alors aux siens et à tout ce qui composait sa vie.
    « J’aime eau et poissons. Toi parler dur. »
Toutes ses idées n’étaient pas forcément très facile à comprendre et visiblement la langue anglaise n’était pas sa tasse de thé. Elle apprenait très vite, juste à écouter, et elle savait que si elle lisait ce serait encore plus efficace, mais elle avait encore du mal a exprimer ses pensées.
    « Gabe ! Toi clan où ? Famille ? »
Elle montra la table encore chargée en nourriture (quoi que…)
    « Merci. Toi chasser ? Moi guerrière ! Défendre miens, défendre clan. »
Sherryline le regarda un moment avant de continuer.
    « Vê..Vêkment ? Quoi est-ce vêkment ? »
Des fringues quoi, nounouille.

Elle se leva d’un bond et eut la surprise de tenir sur ses satanées guibolles. A tel point qu’elle prit la confiance sur ce point et voulu marcher. Mais cette fois-ci, ce ne fut pas ses membres qui la firent trébucher mais le draps. Celui-ci se dénoua, quitta son corps alors qu’elle s’étalait un peu plus loin dans un bruit affreusement lourd pour sa morphologie.
    « Grrr… Moi bête. »
Tel le gentleman épuisé qu’il était, ce fut sans compter sur l’aide de Grabiel pour se remettre debout.
    « Moi marcher sans toi. Atta. Eugad’. »
Sherryline se détacha de lui pour commencer à faire des petits pas, à moitié dévêtue. Elle regardait tantôt ses pieds, tantôt devant, avant de traverser le salon de plus en plus aisément. Lorsqu’elle se retourna, il y avait beaucoup d’émotion autour d’elle et dans ses yeux. Elle venait d’accomplir quelque chose.
    « MARCHER ! MOI ! »
Quelle énergie…

Sherryline ne sentait pas les mauvaises odeurs parce qu’en réalité, son odorat était saturé. Il avait arrêté de fonctionner déjà dans son coma sur la plage. Ainsi, elle ne prit pas vraiment en considération qu’elle sentait entre iode, vase, transpiration et saleté. Mais le salon où ils étaient devaient clairement empester et Gabriel n’avait pas a subir ça. Seulement, la jeune femme ne s’en rendait pas compte.
Elle décida de continuer à s’entraîner en voulant sortir. Ainsi elle fonça plus ou moins vite vers la baie-vitrée, se la prenant de plein fouet. Elle n’avait en aucun cas compris le concept de vitre et de verre. A cause de sa force cachée et du fait qu’elle ait touché le point de stress de la surface transparente, celle-ci se fendit là où elle frappa son front. L’auréole était telle, comme si une balle y avait été tirée. Cependant, ni elle ni lui ne s’attendait à la scène suivante.
Le sang rouge de la sirène coula se sa peau et elle poussa un cri bref de douleur. De rage elle enleva les plus gros tessons, les jetant par terre, avant d’empêcher Gabriel de la toucher.
    « NON ! »
Elle mit ses bras en avant pour maintenir une distance concevable.
    « Laisse faire ! »
Le visage sévère, fermé et ensanglanté, elle attendit en affrontant le militaire du regard. Il ne fallut pas une minute pour que sa peau expulse les dernier micro débris et que sa plaie, qui n’était pas grande en réalité, se referme sous le regard ahurit du bonhomme.
Sherryline s’essuya le visage de ses mains, marquant des peintures de guerre sur ses joues et son cou.
    « Moi partir Gabe. »
Et a moitié nue, elle se dirigea vers une sortie probable de l’autre côté de la maison.


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